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James Trujillo est né et a grandi à Vallejo, une petite ville du nord de la Baie de San Francisco. Sa mère était blanche et son père mexicain, mais la communauté latino était quasi inexistante dans sa ville, aussi bien à Rancho qu’à Crestside : il a largement plus côtoyé les blacks et, à l’occasion, des blancs et quelques asiatiques. En 1988, à peine sorti de la High School, Jay Tee apprend par un ami, Young T.L, le petit frêre du rappeur T.L (Timothy Lyons), qu’un certain Johnny Z, un producteur italien qui a aussi grandi à Vallejo, détient une boîte à rythme et un précieux sampler. Notre troisième homme a un peu plus d’expérience puisque, entré simple guitariste à la faculté de Sacramento, il reviendra à Vallejo en tant que réel producteur, après avoir rencontré DC the Brain Supreme (du groupe Tag Team) et par son intermédiaire Run DMC, 2 Live Crew puis Eric B, les Beastie Boys et les Geto Boys. Les trois artistes créent logiquement le groupe 3 Deep et se mettent immédiatement au travail dans le but de faire de Vallejo une des villes qui comptent dans le rap. Fini le rap sur des instrus de maxis. Inspirés par Too $hort et quelques pionniers, ils réalisent des démos dans le studio de Johnny Z, Rated Z Recordz, Studioz and Productionz, ouvert dès 1989, même si le son n’est pas encore professionnel. A cette époque T.L, Johnny Z et Jay Tee gagnent un peu d’argent en performant à des soirées et des petits shows donnés dans la baie. Pour l’été 1990 ils renomment leur groupe N 2 Deep et sortent un EP quatre titres appelé Telly. Celui-ci sera vendu dans deux ou trois magasins underground de Vallejo et dans les Liquor Store du coin, les grands magasins de disques restant difficilement accessibles. Après presque 4 années de travail et 2000 exemplaires de leur EP vendus, en 1991, ils réussissent à mettre assez de « chips » de côté pour enregistrer une semaine dans un vrai studio à San Francisco. Ils décident même de dépenser leurs dernières économies à enregistrer des cassettes qu’ils envoient aux maisons de disques. Puis ils attendent que le téléphone sonne … 

Ils attendront deux mois. Et c’est Profile, le label de Run DMC et DJ Quik, qui les contacte. N2Deep est signé en fin 1991. Ses trois membres obtiennent alors une somme suffisante pour enregistrer leur premier album, intitulé Back To The Hotel, du nom de leur single, et il sort en mai 1992. Il est composé de certains titres du EP et de dix nouveaux morceaux. La formule est tout de suite trouvée : un style de productions très travaillé, assez lourde, funk plutôt appuyée, centré sur les synthés et la basse, souvent accompagné de guitare. Le flow de Vallejo est déjà là aussi: rimes très appuyées, phrases scandées, surpronnonciation. Mais par dessus tout, c’est tout un univers, tout un mode de vie que Jay Tee et T.L vont faire découvrir au public américain : la « paper chase » continuelle, la recherche des femmes façon « mack », la fête omniprésente, de préférence sous l’effet d’alcools forts ou de joints. Tout ça en toile de fond de petites histoires transposées comme dans une mosaïque impressionniste figurant la vie dans le ghetto. Mais pas le ghetto négatif ou déprimé qui se plaint de son sort, ni la vie de gang comme l’ont popularisée les rappeurs de L.A., plutôt la vie de « player », 100% Bay Area.  

Sur son premier opus, le trio a limité les collaborations au strict minimum. Pour peaufiner le son c’est K Lou de Richmond qui est appelé à la rescousse. Pour le rap, sont invités B-Legit et son cousin E-40 de The Click, qui participent, avec un certain Mac Dre, à constituer une scène Hip Hop dans « A little city, chillin in the North Bay » : la fameuse V. Town. Ce sera d’ailleurs le titre de leur collaboration. Mais le titre qui propulse la carrière de Jay Tee et de ses deux partenaires de N2Deep c’est l’inévitable Back To The Hotel. Une chanson uptempo avec, en guise de  refrain un « gimmick » entêtant alors que les couplets racontent une soirée où les membres de N2Deep ont eu l’occasion « d’utiliser » leur chambre d’hôtel. 

Le deuxième couplet :  

“At the telly, Bones is doing butt work
Johnny Z had his hand up a miniskirt
The Latina in the corner started to flirt
And I knew that when she saw me baby doll was gonna jaw me
Set for the night so I took her to my ride
Grab my Mickey and my Buddha and I met her outside
Who-ride, brother striking through to be seen
A Lexus 400 to the triple gold Z's
Acid in my bottle, so I gotta get some more
Put the pedal to the metal back to the liquor store
Cause you know what i mean when I'm feelin kinda funky
A sick honky, straight goin donkey
Money in my sock, jimmy in the glove
Layin in the Lexus, I'm about to make good love
And burn rubber up the block
Back to the telly, I gotta get some new cock
New cock” (écho)

Tout d’abord l’album sort et rien ne se passe. Mais un mois plus tard le titre phare est programmé sur une radio, puis sur K Mel, puis on demande une interview de N2Deep, puis une performance au Summer Jam. Finalement Back To The Hotel sera non seulement diffusé sur les ondes de nombreuses radios dans tout le pays, mais aussi à MTV. N2 Deep participe alors à représenter les premiers artistes de la Baie à la télé avec Too $hort, Digital Underground, 2Pac et MC Hammer. Résultat, à la fin de l’année les ventes sont largement au rendez-vous (l’album est certifié Gold, les singles se sont vendus par centaines de milliers). Le groupe va même transformer l’essai dans une tournée avec DJ Quik. A cette époque le manager de N2deep est Louis Borrel de Busted Management, le frère de MC Hammer. Il leur dégote des concerts quasiment tous les jours, souvent même jusqu’à Hawaii. Par contre chez Profile la situation va en empirant : l’associé qui les avait signés a quitté le navire et son ex-partenaire ne veut plus d’eux. Au moment de préparer un deuxième album, le groupe se tourne vers Busted Records, obscure filiale de leur société de management… Côté business s’annonce alors une des périodes les plus noires de N2Deep. 

Mais pas côté musique. En novembre 1994 sort 24-7-365, le deuxième album du trio. Les productions, restées dans la même inspiration funk appuyée, ont évolué vers plus encore de composition. Les synthés sont plus torturés que jamais, le groupe semble avoir trouvé son équilibre dans des titres mid-tempo idéaux pour être écoutés en lowridant tranquillement dans les rues de Small Town. Jay Tee participe d’ailleurs à la production d’une majorité de morceaux et à leur enregistrement. Al Eaton et Shorty B, deux ex-producteurs de Sir Too $hort, ont accepté l’invitation, leurs guitares rajoutant à la richesse de l’ensemble, et s’offrant même le solo à la fin de certaines chansons (Gatha Round, Playa Jay Tee). Pour le rap, les flows paraissent encore étonnamment d’actualité. Les featurings sont décidément 100% Vallejo : parmi ceux que l’histoire a retenu on notera les débuts Mac Lee et PSD (Small Town) , de Miami (Count My Bank) et une petite apparition de Mac Dre dans Playa Jay Tee. A réécouter  aussi : High Sidin et Best Ever. On regrettera juste les refrains, trop souvent mélanges de rap et de samples … 

Tournées, nuits passées loin de la maison, dans des concerts ou dans le studio, ont fait le quotidien de N2Deep depuis 1992. Puis se sont ajoutés les problèmes avec le label et la baisse de popularité. Face à cette situation T.L décide de prendre ses distances avec l’aventure du groupe. Jay Tee et Johnny Z auraient pu arrêter aussi mais… non ! Johnny Z s’est taillé une réputation assez solide pour être appelé à produire pour Mac Dre, Potna Deuce ou les membres de The Click.  

Quant à Jay Tee, souvent aux dépends de sa vie de famille, il s’affaire plus que jamais. Mettant à profit les expériences et les contacts que lui apporté ses années passées en haut des charts, il crée son propre label, 40 Ounce Records. Il s’occupe de tout lui-même, laissant juste à Swerve la fabrication et la distribution du produit final. Sa première sortie, à l’été 1996, est la compilation appelée Playas Association -The BombBay (The BombBay étant donc le premier volume d’une collection qui devrait suivre). Comme son nom l‘indique, elle élargit le champ d’activité de Jay Tee à la Bay Area, même si l’empreinte de sa ville y est encore centrale. Apparaissent entre autres Baby Beesh de Potna Deuce, Ironic et Chilee Powdah. La seconde sera le retour de N2Deep, The Golden State, au printemps 1997. Soyons clair : The Golden State est un pur bijou qui n’a pas pris une ride. Le son du groupe a mûri comme un fruit au soleil de la douce Californie. Tous les éléments se conjuguent pour faire de chaque morceau un chef d’œuvre. Des productions ciselées par les meilleurs « funkateers » de la Baie aux raps du groupe et de leurs invités. On Tha Everyday nous permet de retrouver les trop rares Mary Jane Girls, Parkin Lot Pimpin l’inimitable voix de Levitti, Cali Life Styles oppose Dru Down, PSD et Jay Tee. Il y a aussi juste ce qu’il faut de reprises rejouées et retravaillées : Day 2 Day Basis revisite l’oublié Feels So Real de Patrice Rushen, Situations propose un romantisme inspiré de l’excellent Groove With You des Isley Brothers … A écouter. Si vous n’aimiez pas… abandonnez N2Deep. 

Pendant ce temps Jay Tee continue à assurer des dates de concerts, et, un jour, à San Jose, il a l’occasion de performer devant un public fortement hispano qui manifeste son enthousiasme. Or ce jour là Baby Beesh de Potna Deuce, un de ses vieux amis de Vallejo, est là aussi. Lui aussi est métissé hispano (half breed), lui aussi ressent l’appel d’un public « Brown ». Il propose alors à Jay Tee de monter un projet pour leurs « demi frères ». Ce projet, ce sera The Latino Velvet Project. Un projet de rap latino innovateur : contrairement à leurs alter égos de Los Angeles, les deux amis vivent plus la vie de pimp que Too $hort a dépeint que celle de leurs frères des gangs latinos de L.A. et San Diego. 

En 1997 sort leur disque Jay Tee & Baby Beesh -Latino Velvet Project (aussi réédité en 1998 sous le nom de Clique). Les deux rappeurs de Vallejo ont franchi un cap : l’album fait non seulement appel à des invités de leur ville (Mac Dre, Levitti, Celly Cell ou PSD) mais aussi à des grands noms du rap latino venus de toute la Californie. Frost de L.A. (Die On My Feet, Keep My Head Above The Water) et Don Cisco de San Francisco (West Coast Radio et Raza Park) y sont en bonne place. Merciless, le leader des Funky Aztecs, ODM de Lighter Shade of Brown et O Genius ont aussi fait la route. Résultat : un inoubliable chef d’œuvre de plus de 15 titres, dont Raza Park Remix avec Roger Troutman (non disponible dans la première édition) ... Threesome ,pour sa part, est un titre qui figure et dans The Golden State et dans Clique. Voici le couplet que PSD, un black participant au projet, y livre : 

[Couplet 1] P.S.D. : 

“I told they: Good is pee´as
We just don´t give a shit ´bout that huch
If you ain´t blowin´ don´t touch
Orum, capulatin´, Playa-Hatas get baddered
Get a suck ass to the pisa and the rest don´t matter
Hoochie, Kochie, came down for Uchie, tryin´ to clown y´all
Get sourround in Hammer
Southpark re-see downer
N... 2Deep and Manish come about them pantses
On the table, on the frigidy, on the couch, on the canvas
Uhmm...
Assholes and ellbows - Tell hoes it´s pimpy
Gon´ play a huch till I die, so go arach from respect me
Crew thanger, Hoo Banger, Bad braw breathness
And devide hoes like the Looies - Playa shit forever
I took a flight to Ohio
High - oh
Selver header, young sister, but a hoe
Chick is grabbed to a liver
Give a fuck
Live it up
Lil Huch don´t hide it devide it
Make a wooooord »

Mais l’infatigable Jay Tee refuse de prendre des vacances. La même année il sort un nouvel épisode de Playas Association appelé à juste titre Full Time Hustlin' (Business à temps complet). Et comme un bonheur n’arrive jamais seul il ajoute le quatrième opus de N2Deep : The Rumble ! Pour la quantité de travail qu’il a fourni dans l’année, il aurait pu le renommer 24/7/365 ! Et malgré le surmenage, The Rumble offre un niveau aussi impressionnant que Latino Velvet ou que le précédent N2Deep. Sans conteste, il contient des perles d’une rare valeur. All night, par exemple, le titre à danser, avec Roger au refrain. Ou sur la face B du même maxi Where The G’s At ? avec la jet set du rap latino (Slow Pain, Frost, Cisco, The G Fellas). On écoutera aussi avec plaisir Wonderin’, et We Be All Over avec l’excellent Levitti. Sur cet album, Jay Tee a clairement pris les commandes des opérations : TL apparaît sur un seul titre, quant à Johnny Z, il est devenu un producteur parmi d’autres. Jay Tee a fait appel aux habitués K Lou et Funk Daddy. Des nouveaux venus sont aussi du voyage : Lev Berlak pour le son made in Bay Area et Tony G, le producteur officiel de Frost. Pour ce qui est des featurings, Jay Tee, on s’en serait douté, a su s’entourer d’une myriade de talents. Outre ceux qu’on a déjà cités, sont en bonne place The Looie Crew, Cisco The Frisco Mac et Baby Beesh. 

Pour ses projets suivants, Jay Tee est plus indécis sur ses partenaires de business. Le best of de N2Deep qu’il sort en 1999 est édité par l’obscur Soul Town et le retour de Latino Velvet se fait chez Celeb Ent. (le label de Frost et Rappin’ 4-Tay à l’époque). Mais pour les amateurs peu importe le business quand la qualité est au rendez-vous. Et, justement, pour Velvet City, la qualité est…  impressionnante ! Jay Tee et Baby Beesh on fait franchir un nouveau cap à Latino Velvet en s’associant avec le légendaire Frost et le mac de Frisco, le sous estimé Don Cisco. Velvet City est un pur chef d’œuvre ! Morceau après morceau, les quatre latinos mettent leurs talents au service d’une surprenante diversité de thèmes, d’ambiances et de tendances musicales. Du tube à danser Just Because, habile reprise de Oops Upside Your Head de Gap Band aux slows Candi Coated et Crazy Love qui concluent l’album sur une touche… romantique. De Mira Mira à l’inspiration mexicaine à Telly qui rappelle plus le son Vallejo de Sick Wid It.

Baby Beesh et son partenaire Jay Tee gardent la place centrale dans le projet, puisqu’ils sont les seuls à être présents sur tous les titres. Et comme de coutume, ils sont irréprochables, ainsi qu’ ils le prouvent au début de Just Because, réalisé, entre autres, en collaboration avec Mr Gee de Lawless et la nouvelle sensation du rap latino, Mad One :

[Couplet 1] (Mad One): 

“Rollin' on chrome
International players on the microphone

Asi es, y no para
So calle de la muerca
Y no mendidas nada
Me gusta como bailar
En es samias desmerada strailas”
 

[Couplet 2] (Jay Tee):

“Ah, she gone up and she like goes to
But still I put it up like I'm posed to
I fuck with squaws let you squares cleed'n get close to
I got that one that cheerleads for the Raiders
She love the way I walk my 3000$ alligators
My pimp Pat, the marvell Cane,
The pinky greens and the platinum chains
She said she always wanna do it on the danceflo'
I took a shyders and gin and told her get up out your pants ho'”

[Refrain, samplé sur « Oops upside your head » de Gap Band]

[Couplet 3] (Baby Beesh):

“Now who said westcoast-rap was dead?
Squares never recognized game over their head
Cause I don't get jiggy
I dont holla Shorty
Grew up on Too $hort, Ice Cube and E-40
One life, one luv
Goin' out for dub
Cutt'n up a little rug
Carshow, to the club
Westside gettin' hotter
Scarlight been scutter
Sellin' mo' rocks then off a cook damn butter”

 

Et l’aventure continue! Pour notre plus grand plaisir, puisque Jay Tee conclut sa prolifique alliance avec Swerve par un album inoubliable. Slightly Pimpish / Mostly Doggish signé N2DEEP. Signé N2DEEP, mais cette fois, réellement, l’album n’a de N2Deep que le nom. En fait, il est le premier album solo de James Trujillo, qui apparaît d’ailleurs seul sur la couverture (seul accompagné de 2 bitches…). Et quelle consécration pour le boss de Vallejo !! Plus que jamais il a su s’entourer des meilleurs producteurs. Plus que jamais il rappe avec un flow inimitable. Plus que jamais les rappeurs et les chanteurs invités contribuent à l’impact du projet. Résultat : 16 titres, rien à jeter. La preuve, par exemple avec Act A Fool, interprétée avec Mac Dre et PSD, ses potes de Vallejo. 

(Premier couplet par Jay Tee)

“Now if a bitch is broke, how you 'posed to break her
(That's why) Jay Tee only fuck witta money maker
She got scratch, bread be a lil' bigga
Nice house on the hill, work that seven figga
Squeeze the trigga, she be down to blast for me
Got me outta the ghetto, and did it fast for me
Now I'm plush and no more rushing
Slangin keys of that coke on the hush and
She keep it hella real and never come shady
Lick my balls and suck my dick daily
Never talk back, even when I dissed her
And got caught up in the bed with her sister
I got kids with her, but she never think of suin'
And I don't give a shit, because she down for everything I'm doin
Mexicana, Black, or Egyptian
Call me up if you fit the description”

(Refrain chanté)

“Tell me what you wanna do
I'll do anything for you
Tell me what you want
Tell me what you need
Are we gonna act a fool?”

 

La page Swerve brillamment tournée, en 2001 Jay Tee se tourne vers un partenaire qui a pris le temps de devenir inévitable au niveau californien : Bayside Entertainment. Un distributeur dirigé par des artistes (comme B12 de Riderlife) et des mecs du Ghetto et qui a pris pour habitude de travailler avec des petits labels indépendants. Comme 40 Ounce Records. L’accord permet à Jay Tee de se décharger de la fabrication et de la distribution des ses prochaines sorties, mais aussi du marketing. Pour mieux se consacrer à l’artistique. Il conserve quand même des secteurs qui lui tiennent à cœur, comme la tenue de son site, www.n2deep.com à travers lequel il communique avec son public, en n’oubliant pas de représenter V-Town. La première sortie de 40 Ounce nouvelle formule est enfin un disque qui porte le nom de Jay Tee : The Knocks. C’est un Best of des morceaux de Jay Tee dans ses projets N2Deep et Latino Velvet entre 1992 et 2000. 16 titres, nécessaires qu’à ceux qui n’ont pas les disques précédents. D’autant que le choix des titres est contestable : il y manque des incontournables comme All Night, Parkin Lot Pimpin et Backnday. Preuve, s’il en fallait une, que la carrière du boss de Vallejo ne peut être résumée en un disque… Une fois son nom mis en avant avec The Knocks, Jay Tee peut enfin sortir un nouvel album sous son nom. Ce sera So Cold, dont la formule est voisine de celle de Slightly Pimpish / Mostly Doggish, quoi que le résultat soit peut être un tout petit peu moins incroyable. "Un tout petit peu moins", mais, soyons clair, le niveau est assuré sans aucun problème, le reste est une question de goût. En tous cas pour ceux qui, comme moi, adorent le rap unique de Jaime Trago, pour la première fois vous pourrez l’entendre dans un disque 5 titres qu’il interprète sans featurings. Et parmi eux So Cold (uptempo dansant) et la reprise Holdin’ On (ballade sentimentale très… envoutante). L’album contient 16 titres, donc il y en a pour tous les goûts. Une majorité de productions K Lou, maintenant très en forme, contrairement à ses années No Limit; mais aussi un peu de Johnny Z, de Steve Dee, une Tony G et plusieurs nouveaux venus très prometteurs. A vous de jouer maintenant ! Karaoke pour tout le monde sur le début de Playa Perkin, un morceau avec Young Dru et Kim Morgan : 

[intro chantée par Kim Morgan]

“Mmmmhhhh...
Playa, playa
Ohhh....”

[Couplet 1: Jay Tee]

“Bounced about a new pay
5-0-1 still saggin
Cup the volish, put it in a brown baggy
Cap stappin', strike it in my new nikes
See my partner Boleon only sell is dykes
San Jose bitches
East LA bitches
Common and play bitches
Man, I Lay your game bitches
You know this dick ain't free
But now its half price
And if your partner sell it coo' girl, I hit them twice
I make the nights
Specially when I'm off that gin
I got your bag bitch, straking in the coverd inn
She be blowin'
?? flowin'
It's heavy hoein'
Mayn, you ain't even know it
I puts it down, always represent the Yay
No matter hell bitch she is, she still got to pay
Straight cash, so why ain't got to pay taxes?
Showered up and jumped right back in my Air Maxes”

[Refrain (2 fois) Kim Morgan]

“Playa playa perkin'
I love how you be workin'
You got a cadillac, a gang, a house
The only thing you love is the liquor stores”

 

A la fin de l’été, Jay Tee entreprend une tournée sur la côte Ouest et dans le Sud avec Riderlife, le groupe de B-12 (Bayside Ent.). Pour avoir une toute petite idée de la tuerie que ça a du être, il suffit d’écouter Another Weekend, le titre de Riderlife figurant Jay Tee… Pour 2002, Jay tee a enfin achevé une démarche qui lui tenait à cœur : racheter tout son catalogue depuis Back To The Hotel, lui permettant de rééditer n’importe quel album, à la demande. Important pour un artiste dont la plupart des sorties n’ont pas pris une ride ! Et puisque James Trujillo ne s’arrête décidément jamais, 2002 voit aussi ses derniers projets sortir : Le troisième volet de Playas Association : The Product, qui contient, entre autres, des morceaux de TaydaTay, B12, SPM, J Bone, et Latino Velvet. Les titres ne sont qu’au nombre de 13, mais ils sont de qualité, et pour le moment totalement inédits. Le style est définitivement orienté Bay Area, comme dans les précédents volumes. 

Le nouveau chapitre de l’aventure Latino Velvet, renommé Jay Tee & Baby Beesh present Velvetism. A choisir, il est certainement moins essentiel que le précédent, mais, comme d’habitude, certains titres de génie sont au menu. Parmi eux ne manquez surtout pas le premier single What’s Going On avec Frost, un pur bijou slow chanté par Andre Rivers et Kim Morgan, mais aussi On One, un tube uptempo dans le plus pur style Vallejo (produit par Johnny Z) et Hustler Fo’ Sho’, une collaboration V-Town (Latino Velvet, Young Dru) / H-Town ( Happy P, Russel Lee) purement brown.

Et pour ceux qui sont assez amateurs pour savoir ce que l’avenir nous réserve sachez que les membres de Riderlife semblent avoir choisi 40 Ounce pour sortir leur prochain opus mais aussi leurs projets solo. B 12 devrait d’ailleurs faire équipe avec le poulain de Johnny Z, Young Dru et monsieur Jay Tee lui-même dans un groupe appelé Free Agents. Et 40 Ounce prévoit la sortie de Bullet et Shaolin, deux rappeurs underground (présent sur le dernier Playas Association) et le Best of des apparitions de Miami des Looies. Quant à N2Deep, contre toute attente le groupe devrait revenir au grand complet, puisque même TL s’est remis au travail. Après des années de silence on devrait le ré-entendre sur Dope For Sale, issu de la compilation de Johnny Z, 707 Sequel.

Dj Gone

"Merci à Highagain@gmx.net et y2slim620@hotmail.com pour avoir fourni la base des lyrics par l’intermédiaire de ohhla"

 

 

N2Deep - Back To The Hotel

N2Deep - 24-7-365 N2Deep - The Golden State
1992 - N2Deep - Back To The Hotel 1994 - N2Deep - 24-7-365 1997 - N2Deep - The Golden State
Latino Velvet - Latino Velvet N2Deep - The Rumble Latino Velvet - Clique
1997 - Latino Velvet - Latino Velvet 1998 - N2Deep - The Rumble 1998 - Latino Velvet - Clique
N2Deep - Best Of N2Deep Latino Velvet - Velvet City N2Deep - Slightly Pimpish / Mostly Doggish
1999 - N2Deep - Best Of N2Deep 2000 - Latino Velvet - Velvet City 2000 - N2Deep - Slightly Pimpish / Mostly Doggish
N2Deep - Slightly Pimpish / Mostly Doggish Jay Tee - So Cold Latino Velvet - Velvetism
2001 - Jay Tee - The Knocks 2001 - Jay Tee - So Cold 2002 - Latino Velvet - Velvetism