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Kristen
Johnson était étudiante en droit quand elle
perdit soudainement toute sa foi dans le système
judiciaire. En fait, elle se rappelle exactement
du jour et du moment où cette confiance en ce
système fut secouée au plus profond. C'était
l'après-midi du 29 avril 1992. Et c'est ce jour
que les mots "non coupables" figèrent
la Citée des Anges dans le feu. Un an plus tôt,
un ancien placeur du Dodgers Stadium du nom de
Rodney King fut rangé au volant de sa voiture par
la police après une brève course-poursuite à
grande vitesse. Les flics le rattrapèrent et le
forcèrent à sortir du véhicule. Ce qui se passa
ensuite resta gravé dans la mémoire de toute une
génération, et ceci grâce à la présence d'une
caméra. George Holliday, un résident qui vivait
juste à côté de l'autoroute où King avait été
rangé, enregistra neuf minutes de vidéo
capturant quatre officiers (Stacey Koon, Theodore
Briseno, Larry Powel et Timothy Wind) matraquant
et frappant King qui rampait sans défense sur le
sol, luttant pour se protéger la tête de ses
mains. Au moment du passage à tabac, plus de
douze autres officiers étaient sur les lieux et
regardèrent sans intervenir pour le compte de
King. Sur la vidéo d'Holliday, six coups de pied
et 56 coups de poing furent donnés en moins de 90
secondes. En quelques jours la vidéo d'Holliday
fut vue par des millions de gens à travers le
monde.
Quand
les quatre officiers furent accusés, autant ceux
qui critiquaient le système judiciaire américain
que ceux qui le défendaient estimaient que la vidéo
était une preuve suffisante de leur culpabilité.
Mais ce jour fatidique d'avril 1992, un jury
incluent un Asiatique et un Latino (mais aucun
Noir) les déclarèrent non-coupables de la plus
part des charges les plus sérieuses qui pesaient
sur eux. Beaucoup d'Afro-Américains, incluent
Kristen Johnson, furent abasourdis. "Je
voulait être avocate afin d'aider ceux qui ne
pouvaient pas le faire eux-même," dit-elle.
"Après cette décision, j'ai ressentit comme
un incapacité à avoir un impact sur la justice.
J'était enragée au verdict de King. Tout s'est
écroulé d'un coup ... J'ai abandonnée mes études
de droit et je n'ai plus jamais prêté attention
au système judiciaire." Johnson arrêta
d'écrire des dossiers pour Haris and Bairds, un
cabinet d'avocat, et quitta l'Université de Droit
de Southwestern pour devenir éducatrice. Cette
native de LA enseigne maintenant à l'école
primaire de la 93ème rue dans South
Central. "Je ressentais comme si j'avais
essayé toute ma vie de faire quelques chose de
bien mais le système s'en foutait ... ils font
des lois et elles sont appliquées de cette manière
là et qui s'en souci?"
Dans
tous le pays (mais plus particulièrement à Los
Angeles), les gens de couleur de posèrent eux-même
les même questions. Quelques heures après le
verdict, la structure du Sud le LA se démêla. De
vastes sections de la ville furent soudainement
victimes du pire soulèvement du siècle dernier.
Sans aucun doute la rébellion fut une réaction
de l'acquittement des quatre flics et des brutalité
policières journalières dans les rues. Mais dans
cette révolte du pire niveau que ce soit qui eut
lieu il y a 10 ans, il y eut plus qu'une réaction
au verdict, au système judiciaire et à
l'inconduite de la Police. C'était aussi à cause
de décennies de négligences économiques et
sociales auxquelles doivent faire face les
communautés colorées et pauvres depuis les années
soixante. La rébellion de Los Angeles
engendra par la force quelques améliorations
importantes dans les communautés comme Watts ou
Compton. Mais les résidents, les leaders des
communautés et les représentants du gouvernement
réfléchisse sur l'anniversaire symbolique de cet
évènement et beaucoup se demande : peut-il se
reproduire un jour?
"Quand
j'ai entendu le verdict, j'étais chez ma petite
amie. On était tout les deux stupéfaits,"
raconte le photographe Lawrence Dortch.
"C'est triste parce que... J'ai ressentis ça
comme une dévaluation de la personne, parce que
j'ai sentit que pour le système, une vie ne vaut
pas plus que ça." Comme la rébellion s'étendait,
Dotch et son meilleur ami descendirent dans les
rues. "Il conduisait et je prenais des
photos. Si tu était Noir, tu ne pouvais pas être
plus en sécurité qu'à ce moment-là. Il y avait
quelques gars sur les toits qui tiraient. Dés
qu'on est sortit de la voiture, les tirs ont cessés.
Dés qu'on partait les tirs reprenaient."
Tous le monde comprit immédiatement que les émeutes
entraient dans une spirale qui les rendaient
incontrôlables. Même avant le verdict, First
A.M.E. Church, la plus vieille église Noire de
Los Angeles, s'était préparée au pire. Comme
les gens du quartier succombaient à leur rage,
les leaders religieux se mobilisèrent pour
plaider la retenue. "J'ai été averti par un
ouvreur qu'il y avait le feu dans le quartier.
Quand j'ai été voir, ça ressemblait à l'enfer
décrit par Dante. Il y avait le feu partout à
l'horizon." se rappel le pasteur de la First
A.M.E., le Révérant Cecil Murray. "J'ai eut
un message de prière, puis on a saccagé les
rues." Un des pics de l'émeute fut quand un
groupe de jeunes attaquèrent Reginald Denny, un
routier Blanc, à South Central. Ignorant le
verdict ou la propagation de l'émeute, il s'est
par inadvertance retrouvé au volant de son camion
au cœur de l'émeute. Une vidéo d'un hélicoptère
le montre se faire traîner hors de son camion et
se faire piétiner avant de se faire sauver par
quatre Samaritains Noirs. Les incendies,
pillages et assauts continuèrent durant trois
jours avant que le calme ne fut restauré avec
l'aide des Gardes Nationales. Durant les troubles,
55 personnes perdirent la vie et 2383 furent blessées.
Environ 10 000 petits commerçants subirent des
dommages dont 2 000 Koreéns. 70 miles de squares
municipaux furent saccagés, bien que les forces
de l'ordre réussirent à contenir les émeutes
dans les quartiers, épargnant ainsi les zones les
plus riches comme Westwood, Hollywood et Beverly
Hills. Les estimations des dégât s'élevèrent
à plus d'un billion de dollars.
"Beaucoup
de gens étaient devenus fous," se rappel
Dotch, qui admet à contre-cœur avoir participé
aux émeutes. "Il y avait une frustration
contre le système et on a vu une opportunité.
Quelques gens tirèrent avantage de la situation
pour faire des violences gratuites. Mais c'est une
chose de casser une vitrine et prendre une télé
et c'en est une autre de jeter une brique à
travers une fenêtre. " Cette rébellion fait
obligatoirement et tristement penser aux émeutes
de Watts en 1965. A cette époque les habitants de
Watts étaient révoltés de la même manière
suite à un incident dû à une brutalité policière
mais une pauvreté accrue, le chômage et un
manque d'égalité pour l'accès des ressources économiques
étaient les principaux facteurs qui engendra le désespoir
des émeutiers. Et c'était encore le cas trois décennies
plus tard. En 1992, environ la moitié des Noirs
de Los Angeles n'avaient pas d'emploi et un tiers
des résidents de LA vivait sous le seuil de
pauvreté. Il y a encore pire, près de 20% des
16/19 ans n'allait pas à l'école mais ne
travaillaient pas non plus. Mais alors qu'en
1965 la très grande majorité des émeutiers étaient
Noirs, cette fois-ci ils ne se sentirent pas les
seuls à être exclus de l'American Dream. Des
Latinos et même quelques Blancs et Asiatiques
participèrent à la rébellion. En fait, selon le
L.A.P.D. (Los Angeles Police Department), la moitié
était des Latinos. "Le vrai problème
est que beaucoup des ces gosses ont vu là une
opportunité" dit le représentant américain
Maxime Waters qui représente le 35ème
district de Californie, celui qui inclue South
Central. "Le potentiel de confrontation est
toujours possible dans notre société et c'est
souvent provoqué par des rencontres avec la
police. La pauvreté, plus le manque d'espoir,
plus la frustration, plus les harcèlements
policiers donne une formule mortelle."
Quelques
jours après la rébellion, le Maire Tom Bradley
engageât l'ancien commissionnaire de la MLB
(Major Baseball League) et organisateur des Jeux
Olympiques de Los Angeles de 1984, Peter Ueberroth,
pour mener un programme de 5 ans pour le développement
économique. Appelé Rebuild LA, cet effort était
sensé encourager les secteurs public et privé à,
comme disait Ueberroth, "achever les
transformations en créant de nouveaux emplois, de
nouvelles opportunités économiques et satisfaire
les zones du grand bassin de Los Angeles négligées
depuis trop longtemps." Durant les deux
premières années de cette charte, Rebuild LA fut
capable d'attirer beaucoup d'entreprises parmi
lesquelles Toyota, IBM et Shell, pour assister le
programme pour l'emploi. Plusieurs supermarchés
et magasins ouvrirent et plusieurs associations
pour les bas-revenus furent créées. Mais
longtemps après les leaders populaires se
sentaient encore exclus et critiquèrent Rebuild
LA pour n'être pas assez proche des communautés
que ce plan était supposé aider. Mais au final,
moins de la moitié des 10,2 millions de dollars
attribués au Rebuild LA allèrent aux communautés
défavorisées, ce qui enragea autant les leaders
locaux que les résidents. En réponse à ses détracteurs,
Rebuid LA, sous un nouveau responsable, modifia
ses objectifs et ses focalisa sur ces communautés.
Évaluant l'organisation de ce travail, Waters dit
qu' "ils ont fait beaucoup de changements,
mais il y a eut une stagnation dans certaines
zones. Rebuild LA s'averra être très fragile et
infructueux."
Certaines
critiques blâmèrent l'ancien Maire Bradley pour
avoir nommé Ueberroth à la tête de
l'organisation. Ils pensaient que, vu ses activités
passées, il n'était pas la bonne personne pour
superviser une revitalisation de la communauté.
D'autres critiques blâmèrent le Gouvernement
pour avoir déléguer une tâche qui dépendait de
sa propre responsabilité. Comme le dit Abby
Leidman, un des créateur de Rebuild LA, sur la
National Public Radio en 1992 : la responsabilité
de "la reconstruction de Los Angeles ne réside
pas essentiellement sur Rebuild LA. Ça repose
aussi sur les élus. Ils ont abdiqués sur
certaines de leurs responsabilités." Rebuild
LA ne fut pas le seul effort d'après-émeutes à
avoir un succès mitigé : peu de temps après la
rébellion, le Département de l'Habitat et du Développement
Urbain créa la Banque de Développement pour la
Communauté de Los Angeles avec un budget de 430
millions de dollars, étant ainsi le plus grand
fond d'emprunt de tous les États-Unis. Une
combinaison d'emprunts et d'allocations était
supposer encourager les entrepreneurs des minorités
défavorisées à monter leur propre entreprise
puis à employer des gens de leur communauté.
D'après les mandataires de la Banque, 51% des
emplois créés étaient supposés revenir aux
gens des communautés les plus pauvres de LA. Mais
en janvier, ce chiffre ne s'élavait qu'à 11%. Le
Conseil Municipal de Los Angeles adressa un
avertissement à la Banque : réalisez vos
objectifs ou vos fonds publics seront supprimés.
Mais
il y eut une épineuse issue aux brutalités
policière. Après les émeutes de 1992, le Président
Bill Clinton créa une commission dirigée par
l'ancien Secrétaire d'État Warren Christopher.
Le comité, avec les recommandations de Clinton,
était sensé servir de projet à la réforme du
L.A.P.D. Parmi les suggestions, le comité de
Christopher conseilla de revoir la politique
civile de la police de LA, limitant les pouvoirs
du chef et nomma un inspecteur général du bureau
afin d'enquêter sur les plaintes de mauvaise
conduite et d'abus de pouvoir. Le rapport
conseilla aussi de virer le chef du L.A.P.D. de l'époque,
Daryl Gates. Depuis que Gates quitta les forces de
l'ordres, le L.A.P.D. à deux chhefs Afro-Américains. Mais
comme les Angelenos comprirent en 1998, le
managera Noir ne fut pas nécessairement transmis
dans les services où il était le plus nécessaire.
Cette année-là l'officier du L.A.P.D. Rafael
Perez fut arrêté pour vendre de la cocaïne dans
un entrepôt de la police. En échange de leur
indulgence pour ce cas de deal, il révéla aux
enquêteurs l'ampleur de la corruption à l'intérieur
du l'unité C.R.A.S.H. (Ressources Communautaire
Contre la Criminalité Urbaine). Comme résultat
des déclarations de Perez, plus de 100
condamnations furent annulées et la Ville de Los
Angles fut condamnée à des dommages de120
millions de dollars et le L.A.P.D. fut placé sous
la direction de Gouvernement Fédéral car il détient
le record de brutalité raciale.
Bien
qu'il n'y ait pas eut d'explosion d violence après
cette histoire, les gens des communautés pensent
que beaucoup des circonstances présentes en 1992
persistent aujourd'hui encore - laissant
apercevoir la possibilité de nouvelles émeutes
massives. Le taux de pauvreté des résidents de
la régions de LA est plus élevé que la
moyenne nationale ; il avait pourtant baissé
pendant quelques années mais il remonte
maintenant, tout comme la violence due à la
guerre des gangs. Les gens qui reçurent généreusement
des fond après 1992 luttent actuellement pour
garder leur maison. Les leaders communautaires
mettent l'accent sur le fait que les changements
ne viennent que quand ils se battent pour acquérir
une part des ressources. Tout cela ressemble
à cette "formule mortelle " décrite
par Maxime Waters plus haut. Et si des gens comme
Kristen Johnson , qui est maintenant institutrice,
peuvent réorienté leur frustration dans un
chemin productif, d'autres peteront probablement
les plombs. Et Waters n'est pas le seul concerné.
"Ça s'est passé en 1965. Ça s'est passé
en 1992. Ça peut encore se passer si il n'y a pas
une meilleur redistribution des richesses de la
ville," dit Cecil Murray de la First A.M.E.
"Nous sommes sortis de cette conflagration en
1992 obligés de carrément reconstruire. C'est
pourquoi nous avons un sentiment mitigé sur ce
qui et productif ou pas".
©
The Source. avril 2002.
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